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Campagne nationale contre la double peine Récits

La campagne "Une peine point barre"
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Récits

Courrier du 14 janvier 2003.

"Je ne sais pas quoi faire de cette tragique histoire, mais sous le coup de l'emotion, je voulais la partager. J'ai appris ce matin le suicide à Fresnes d'une personne frappée de la "double peine" que je suivais depuis quelques semaines.

Ce Monsieur était né en France en 1960 et avait toujours vécu ici. En 1985, il avait été incarcéré pour une affaire criminelle. Il avait été condamné en 1989 à une peine de 10 ans de réclusion. Peu avant sa sortie en 1992, il avait reçu un arrêté d'expulsion. Ayant fait des recours, cet arrêté avait été annulé par le tribunal administratif en février 1992.

Libéré, il avait repris sa vie normale, jusqu'à un contrôle d'identité ou la police regardant sa fiche s'était rendu compte qu'un nouvel arrêté d'expulsion avait été pris contre lui en mars 1992. Il n'en avait jamais eu notification, et bizarrement, cet arrêté apparaissait parfois sur les fichiers et d'autre fois non.
Il a vécu dans cette situation pendant 10 ans. Visiblement il était impossible d'avoir cet arrêté et donc de le contester. Il ne pouvait avoir de titre de séjour à cause de cet arrêté. Le 4 décembre dernier, il a été incarcéré en détention provisoire dans une affaire de vol avec arme. Quand je l'ai rencontré à Fresnes, 2 jours après, ce monsieur était très fragile psychologiquement. Il ne pouvait plus supporter sa situation de clandestin dans son pays. Il avait tenté des démarches puis avait totalement renoncé. Il s'était enfermé dans la détresse jusqu'à replonger dans la délinquance.

J'ai tenté de le réconforter, et nous avions conjointement saisi le 10 décembre dernier le Ministère de l'Intérieur pour savoir si oui ou non il faisait l'objet d'un arrêté d'expulsion. Sa pire angoisse je crois aurait été d'apprendre que cet arrêté n'existait pas et qu'il s'agissait d'une erreur administrative.

Il s'est suicidé dans sa cellule hier.
Il laisse une épouse et deux enfants français."

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